01Sept points à vérifier avant de choisir
1. Du littéraire, rien que du littéraire ? Certains éditeurs vendent l’arabe standard et plusieurs dialectes en cours séparés ; d’autres mélangent les registres dans un même cours. Vérifiez ce que vous achetez. Si vous hésitez encore entre littéraire et dialecte, notre guide « Arabe littéraire ou dialectal : par lequel commencer ? » (kalima.chat/fr/learn/arabe-litteraire-ou-dialectal/) traite la question ; on part ici du principe que vous avez choisi le littéraire.
2. Un vrai départ de zéro. Si vous ne lisez pas encore l’arabe, l’application doit vous apprendre les 28 lettres, leurs sons, la façon dont chaque lettre change de forme quand elle s’attache à ses voisines, les voyelles brèves, et comment tracer tout cela. Un cours qui démarre par des phrases en transcription latine repousse l’écriture au lieu de l’enseigner.
3. Les voyelles d’abord, puis moins de voyelles. L’arabe imprimé omet le plus souvent les voyelles brèves. Au début, il vous les faut sur chaque mot ; ensuite, il faut qu’on vous les retire progressivement, sinon vous ne lirez jamais seul.
4. Produire, pas seulement reconnaître. Trouver la bonne étiquette parmi quatre prouve que vous reconnaissez un mot. Écrire ou dire une phrase de votre cru est une autre compétence. Cherchez des exercices où c’est vous qui produisez l’arabe.
5. Un retour sur ce que vous produisez. Il faut que quelque chose relise vos phrases et explique la faute, et que quelque chose écoute les sons qui échappent aux francophones : ح, ع, ق et les emphatiques ص ض ط ظ. Regardez si l’application évalue des lettres précises ou si elle vous laisse seulement réécouter un enregistrement pour comparer à l’oreille.
6. Un parcours visible. Combien d’étapes, où mène-t-il (un article de presse, un roman, la prose classique), et comment l’application décide-t-elle qu’une notion est acquise ?
7. Le prix, et ce qui reste gratuit. Regardez ce que la version gratuite débloque vraiment, et si vous payez au mois, à l’année ou une fois pour toutes.
Sans voyelles, les trois s’écrivent كتب. C’est pour cela qu’une application pour débutants doit garder les voyelles, et qu’un bon parcours les retire peu à peu plutôt que d’un coup.
02Partir de zéro : l’alphabet, les sons, l’écriture à la main
Si vous débutez complètement et ne savez pas lire l’alphabet arabe, les premières semaines sont consacrées à l’écriture, et la bonne application les traite comme telles. La plupart des lettres s’attachent à la suivante et changent de forme en début, en milieu et en fin de mot ; six lettres (ا د ذ ر ز و) ne s’attachent jamais à la lettre qui suit. Les voyelles brèves sont de petits signes placés au-dessus ou au-dessous des lettres. Rien de tout cela n’est difficile, mais il faut l’enseigner explicitement, avec le son, avant que les mots et la grammaire prennent sens.
La meilleure application pour apprendre l’alphabet arabe, puis à lire et écrire, réunit trois choses : lire les lettres dans de vrais mots vocalisés, entendre chaque son, et écrire à la main. Tracer sur un écran enseigne l’ordre des traits ; écrire sur papier, c’est ce que vous ferez dans un cahier, sur un formulaire ou en cours. Une application qui ne vérifie que l’un des deux vous laisse l’autre.
Trois lettres, et le ب sous deux formes : attaché au début, isolé à la fin, parce que le ا ne s’attache jamais à la lettre suivante.
03Les options souvent citées, d’après ce qu’elles disent d’elles-mêmes
AlifBee se présente comme spécialisé dans l’enseignement de l’arabe standard moderne (MSA). D’après sa FAQ, son premier niveau se concentre sur l’apprentissage de la lecture et de l’écriture, le programme compte 10 niveaux avec un test de placement, et les leçons font écrire des mots et des phrases entières. L’application existe sur iPhone, sur Android et sur le web. Le mode gratuit ouvre environ 20 % des leçons (20 au premier niveau) ; le reste passe par un abonnement mensuel, semestriel ou annuel. AlifBee propose aussi des cours particuliers avec des enseignants.
Duolingo se présente comme gratuit et ludique, avec des leçons courtes. D’après son blog, le cours d’arabe enseigne une version parlée, moins formelle, de l’arabe standard, comporte un outil pour apprendre à lire et à écrire, et chaque unité contient des exercices phonétiques pour distinguer les sons nouveaux.
Mango Languages propose l’arabe standard moderne comme un cours à part, distinct de ses cours d’égyptien, d’irakien et de levantin. On y apprend par des dialogues, avec des notes de grammaire et de culture, l’audio de locuteurs natifs et un outil de comparaison de voix pour ajuster son accent. Selon sa page dédiée, les usagers des bibliothèques abonnées y accèdent avec leur carte, sans frais supplémentaires.
Al Jazeera Learning Arabic se décrit comme « une source éducative ouverte et gratuite ». Le site propose des articles de presse, des textes sur la langue du quotidien, des textes littéraires authentiques et de la grammaire, classés du niveau introductif au niveau compétence, avec une interface en français, en anglais et dans d’autres langues. C’est un site web, centré sur la lecture.
Write It! Arabic apprend à tracer les 28 lettres, avec reconnaissance de l’écriture manuscrite, un guidage trait par trait, un mode test chronométré et un usage hors ligne. Elle est gratuite au téléchargement, avec des achats intégrés pour tout débloquer. C’est un entraîneur d’écriture, pas un cours complet.
Anki est un logiciel de cartes mémoire qui programme chaque révision au moment où vous êtes le plus susceptible d’oublier. Il est gratuit sur ordinateur et sur Android (AnkiDroid) ; l’application officielle pour iPhone, AnkiMobile, est payante et finance le développement. Anki n’a pas de cours d’arabe : vous créez vos cartes ou reprenez des paquets partagés par d’autres.
04Quelle solution pour quel apprenant
Vous cherchez une alternative à Duolingo pour apprendre l’arabe ? Demandez-vous d’abord ce qui vous manque. Plus de grammaire et un parcours structuré plus long : un cours consacré au littéraire, comme AlifBee ou Kalima. Plus d’écoute et de dialogues : Mango. Plus de lecture, gratuitement : Al Jazeera Learning Arabic. Si ce que vous aimez dans Duolingo, c’est la série de jours et le côté jeu, rien ne vous empêche de le garder pour l’habitude et d’y ajouter l’un de ces outils pour approfondir.
Une application de littéraire n’est pas le bon choix si votre objectif est un dialecte précis (une belle-famille, une ville, les séries d’un pays) : un cours dans ce dialecte, ou quelqu’un de la région, vous y mènera plus vite. Sans budget, Al Jazeera Learning Arabic et Anki ne coûtent rien une fois les lettres connues. Si vous voulez seulement une belle écriture des 28 lettres, une application de tracé comme Write It! Arabic est le plus court chemin. Et si c’est un enseignant que vous voulez, aucune application ne le remplace ; plusieurs de ces éditeurs, dont AlifBee, proposent d’ailleurs des cours avec de vraies personnes.
05Où se situe Kalima
Kalima n’enseigne que l’arabe littéraire, jamais un dialecte ; si un mot de dialecte se glisse dans votre phrase, il est corrigé en littéraire. Le parcours mène au littéraire classique, qui couvre aussi l’arabe standard moderne de la presse et des livres. Il compte 118 notions en cinq étapes, des 28 lettres, de leurs sons et de leurs formes attachées jusqu’à la lecture de prose classique non vocalisée. Si vous ne savez pas lire, vous commencez par les lettres ; si vous lisez déjà, vous êtes placé plus loin. Une notion n’est acquise qu’après un emploi correct dans votre propre phrase, un second jour, différent du premier.
Vous écrivez ou parlez à un tuteur IA, Bahir, qui répond en arabe entièrement vocalisé et peut lire ses réponses à voix haute. À chaque faute, une fiche de correction donne la phrase corrigée, une explication en français ou en anglais, et d’autres formulations possibles. Un exercice de prononciation vous évalue lettre par lettre sur les oppositions que les apprenants ratent : ص/س, ض/د, ط/ت, ظ/ذ, ح/ه, ق/ك, ع/ء et ث/س, avec des conseils d’articulation. Pour l’écriture à la main, la dictée sur papier : Bahir dit un mot ou une phrase, vous l’écrivez sur une feuille, vous la prenez en photo, et elle est vérifiée. Des cartes mémoire à répétition espacée, une salle d’écoute et des textes du jour avec audio complètent le tout. Les leçons et les textes ne contiennent aucun contenu religieux : les questions religieuses relèvent de savants qualifiés, pas d’une IA.
Côté prix : la première séance avec Bahir est gratuite, et tout ce qui n’utilise pas l’IA le reste (alphabet, cartes des lettres, carte du parcours, dictionnaire, audio des mots). Kalima Pro coûte 14,99 USD par mois ou 149,99 USD par an, affichés dans votre monnaie, dans la limite d’un usage raisonnable ; la voix et l’exercice de prononciation font partie de Pro. Les limites : Kalima fonctionne aujourd’hui sur le web (kalima.chat/app) et sur Android uniquement ; les explications existent en français et en anglais seulement ; et ses retours, y compris l’évaluation de la prononciation, sont des indications d’une IA, ni la correction d’un enseignant ni une évaluation certifiée.
C’est une phrase de votre cru comme celle-ci qui compte : dans Kalima, une notion n’est acquise que si vous l’employez correctement dans votre propre phrase, deux jours différents.